Un automne à Sasoma : jour 2

Au terme de la saison estivale, Clément est parti en « stage » du côté de Sasoma, petit village sur la route de Manali, à 4200m d’altitude. Cette série de 10 épisodes relate ses expériences et sa vie dans ce village aux portes du Changthang, entre leçons d’équitation et découverte des coutumes locales.

Jour 2

Après un petit déjeuner des plus copieux, nous prenons la route du village de Gya, village voisin de Sasoma, et célèbre pour ses bergers et ses traditions intactes. C’est également le village natal du réalisateur Stanzin Dorjai et de sa soeur Tsering, la fameuse « bergère des glaces » du documentaire bien connu (pour plus d’infos, voir les liens en bas de page).

C’est aujourd’hui à Gya l’ultime journée dédiée aux enseignements du Rinpochey Khamtak, qui est venu spécialement du grand monastère d’Hémis afin de prêcher la bonne parole et, en l’occurence, aider les villageois à avoir une vie vertueuse, longue et prospère. Avant d’entrer dans le petit monastère du village, nous profitons du soleil bienfaiteur le temps de quelques minutes. Un chien tibétain, de la race que l’on nomme « Singge » (lion), se joint à nous. Dawa m’explique que ces chiens, très populaires au Changthang, sont d’implacables chasseurs ; avec le temps, ils sont devenus plutôt chiens de berger, sans pour autant remplir les mêmes besognes qu’un chien de berger français. Quoi qu’il en soit, le chien ici présent me fait plutôt l’effet d’une peluche géante, et se prête gaiement au jeu des caresses et léchouilles.

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Chien « Singge »

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Précédent l’arrivée du Grand Précieux, nous entrons dans le monastère plein à craquer, et nous faufilons jusqu’à un emplacement adéquat. Il semble que je sois le seul « chirgyalpa » (étranger) de l’assemblée ; tous les villageois de Gya et des villages voisins (Sasoma, Rumtse) sont présents. Puis le Rinpochey fait son entrée, suivi d’une cohorte de moines tout de rouge vêtus. Ces derniers appartiennent à la secte « Drukpa » (dragon), et sont particulièrement reconnaissables de grâce à leur gallurin, proche du beret. S’ensuivent alors plusieurs séries de bénédictions, dons, psaumes et prosternations. Je m’étonne de la jeunesse du Rinpochey ; ce dernier semble  pourtant déjà bien rodé à ce périlleux exercice. Une fois les enseignements prononcés, il passe dans les rangs afin de bénir un à un chacun des villageois ; puis nous recevons tous un petit bracelet tissé, symbole de la dite bénédiction. Le Rinpochey tire sa révérence, et tous se retrouvent à l’extérieur du monastère pour un repas bien mérité.

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Le « Rinpochey » Khamtak

Ce genre de cérémonie revêt toujours un intérêt particulier à mes yeux, occidental que je suis, mais cela n’est rien en comparaison du zèle et de la dévotion des habitants. Cet évènement annuel est, pour eux, éminemment important, à Gya comme dans le reste du Ladakh, car il ravive les principes fondamentaux de leur foi bouddhiste, et confère à chacun une forme de tranquilité et de réconfort à même de les aider dans leur vie quotidienne ; cette vie dans les montagnes, rithmée par le changement des saisons, et les aléas de la nature.

 

Pour en savoir plus sur Gya :

http://www.terreduladakh.com/bergere-glaces-tsering-france

http://www.terreduladakh.com/rencontre-stanzin-dorjai-realisateur-de-bergere-glaces